Les confessions de Valérie Sur la méditation

Par Valérie Trinh © Bikram Yoga Boucherville – 8 avril 2017 – Tous droits réservés.

Je vous partage cet article que j’ai écrit à pareille date l’an passé.
Vous arrive-t-il de sentir qu’il est temps pour vous de faire quelque chose et que cette chose vous apportera ou vous amènera au niveau supérieur auquel vous aspirez ? Est-ce que le fait de savoir que c’est la bonne chose à faire, et que vous n’arrivez justement pas à vous y mettre vous rend un peu dingue ? C’est comme ça que je me sens par rapport à la méditation !

J’aime l’idée de méditer. J’aime le principe et je comprends tout ce que cela pourrait m’apporter alors depuis un peu plus de deux ans, je mets systématiquement sur ma liste de résolutions de nouvelle année, que je vais méditer ! Au mois de mars 2016, j’ai participé aux ateliers de méditation que nous avons offerts au studio de yoga et qui étaient animés par l’hypnothérapeute Brigitte Payer. J’ai beaucoup aimé l’expérience de méditer en groupe et j’ai pu expérimenter un peu plus de temps de méditation grâce à ses enseignements. Cela m’a également permis de démystifier plusieurs choses concernant la méditation et sur la façon de s’y prendre pour être simplement là. On se met malheureusement tellement de pression dans toutes les sphères de nos vies que la méditation n’y avait pas échappé !

Voilà où j’en suis. Je ressens très fortement en moi l’appel au calme que me procure la méditation. J’ai donc repris mon coussin, l’ai installé dans le salon et m’y suis assise à 3 reprises au cours d’une même semaine pour simplement observer mon souffle. C’est difficile de s’arrêter et de juste observer. C’est plus facile à faire dans la classe de yoga car il y a du mouvement dans le corps, une contraction musculaire ou une courbature à observer. Lorsque je m’assoie et que je reste immobile, mon mental se fait moins conciliant et mes idées partent en vrille. J’entends le champ des oiseaux, le tictac de l’horloge et oups, je me demande ce que je vais faire pour régler la situation concernant ma voiture ou les comptes que j’ai à payer, ou la rencontre qui est prévue avec Isabelle pour parler du défi 30 jours… Rappel à l’ordre, je me vois en train de penser et je ramène mon attention sur mon souffle, sur les sensations de mon corps, les tensions sont-elles trop grandes ou pas assez ? Je me surprends à me dire que c’est difficile et que je n’y arriverai pas, que je devrais plutôt me lever et aller travailler ! Et là encore, je ramène mon attention à mon souffle. J’essaie de le ralentir, ou plutôt de juste le suivre, j’y arrive pour 20 secondes et c’est reparti, je pense au déménagement de ma mère prévu en octobre, des choses qu’il nous reste à faire pour être prêts, du nombre de jours qu’il nous reste pour se préparer etc. La méditation, c’est un processus, et comme tous les processus, ça prend du temps et beaucoup de patience. Je me surprends en train de penser, je souris intérieurement et je me dis que je ne me laisserai pas décourager par mon mental. Je me sens toute fois un peu plus calme et plus détendue. Lorsque je prends congé de mon coussin de méditation, je réalise que j’y suis depuis un peu plus de 15 minutes, ce qui pour moi, est un nouveau record !

Jeudi matin, je suis en congé et je décide de prendre toute la journée pour m’occuper de moi. Je pars au CLSC faire une prise de sang que mon médecin m’a prescrite deux jours plus tôt. (Hey ! on prend soin de soi comme on peut !!) En une heure, tout est fini, je n’en crois pas mes yeux. Je retourne déjeuner à la maison en me disant que j’ai envie de passer voir mon père pour jaser. Je l’appelle alors que je petit-déjeune et je lui explique que j’avais pensé aller le voir. Il me dit : « Viens t’en ! je t’attends » J’arrive là-bas et on s’assoie à la table de la cuisine, on parle de tout et de rien, du studio, de mes enfants, de leurs projets, on parle de la famille, de ses frères et sœurs, du studio, du mariage auquel il a assisté la semaine précédente. À un moment donné, on se met à parler de méditation. Oui, mon père est vietnamien et il s’est intéressé à la méditation alors qu’il a pris sa retraite en 1998. Il m’explique que bien qu’il soit bouddhiste, qu’il n’avait jamais pratiqué la méditation auparavant. Il en avait entendu parler comme bien des gens, mais il ne s’y était jamais attardé et ce n’est qu’après avoir lu un article expliquant les nombreux bienfaits associés à la méditation qu’il a décidé de s’y mettre. J’ai bien aimé ses commentaires lorsqu’il m’a dit : «C’est bien beau vouloir méditer, mais comment fait-on pour ne pas penser pendant seulement 5 minutes ?» Petite mise en contexte. Mon père possède un de ces rires qui implique tout le haut du corps et particulièrement les épaules. Nous sommes assis l’un en face de l’autre et on jase mais là, il se met à rire et je ne peux faire autrement que de lui emboîter le pas en voyant ses épaules monter et descendre à vive allure! «J’ai essayé» poursuit-il, «mais au bout de 30 secondes, j’ai été assailli par des dizaines de pensées différentes. J’ai essayé de ne pas penser mais je n’y arrivais pas et cela me semblait impossible à réaliser. Et puis un jour, j’ai lu un article qui expliquait qu’il était impossible de ne pas penser mais qu’il était possible d’utiliser certaines techniques pour réduire le flot des pensées. Suivre son souffle en est une. J’ai voulu la mettre en pratique, mais lorsque je me suis mis à observer mon souffle, j’ai réalisé que j’essayais de le contrôler ce qui me rendait inconfortable car je respirais soit trop vite soit pas assez. Je me suis dit qu’il me fallait prendre du recul par rapport à cet exercice et essayer de ne pas contrôler le souffle mais de simplement m’imprégner de ce dernier. C’est à force d’essayer et de persévérer que cela est devenu un peu plus facile.»

Cette conversation est survenue à un moment important de ma propre pratique car j’expérimentais sensiblement les mêmes choses que celles que mon père me décrivait et cela donnait un sens à ce que je vivais lors de mes propres méditations. Avez-vous déjà vécu une journée où tout arrivait pile poil au bon moment comme si toutes les étoiles s’alignaient pour s’assurer que vous ne manquiez pas le bateau ? C’est exactement comme ça que je me sentais jeudi dernier. Tout arrivait exactement comme il le fallait, j’étais toujours à la bonne place au bon moment et tout baignait.Un pur moment de synchronicité !

Depuis un an, je poursuis et prolonge les moments passés sur mon coussin et bien que mon mental continue de vagabonder de part et d’autre, j’arrive plus facilement à revenir à mon souffle. Je me détache de mes pensées c’est-à-dire que je ne pars plus aussi loin dans le fil de ces dernières car je réalise plus rapidement que je m’égare. Mes pensées se transforment plus naturellement en un flot de petits nuages qui filent dans le ciel de mon mental, elles ne agglutinent plus en un gros nuage gris qui reste au dessus de moi ! Cet pratique permet me permet de créer un détachement ou de prendre du recul face à mes pensées et je réalise de plus en plus qu’elles ne sont pas la réalité mais bien une conception que je me fais de cette dernière.

J’ai envie de terminer cette confession en vous disant que la vie est bien faite et que lorsqu’on s’ouvre aux possibilités qu’elle place sur notre chemin, de bien belles choses peuvent se produire à condition de simplement vouloir les voir…

Namasté