Les confessions de Valérie Ma première classe de yoga chaud !

Par Valérie Trinh © Bikram Yoga Boucherville – 24 août 2016 – Tous droits réservés.

Vous ai-je déjà parlé de ma première classe de yoga chaud ? Non, eh bien nous allons corriger cela de ce pas!

Nous sommes en 2009, et cela fait un an que Kim Truong, un physio-médecin chinois-acupuncteur et second papa, me dit d’aller faire du yoga chaud. Pour que vous compreniez bien ma situation, en 2009 je consultais Kim depuis quatre ans pour différents problèmes de tensions chroniques. Sachez qu’en 2009, j’allais beaucoup mieux mais que les tensions revenaient malgré les bons soins de Kim car elles étaient générées par le stress, le travail et la mauvaise posture.

Kim, dont le but est de permettre à ses patients de retrouver un corps sans douleur, avait entendu parler du yoga chaud par une de ses clientes et il affichait un dépliant dans la vitrine du comptoir de la salle de réception. Réalisant qu’il n’arrivait pas à soulager mes douleurs à long terme, il m’a proposé d’aller essayer le yoga chaud pour travailler toutes les parties de mon corps en même temps et ainsi, me permettre d’aller mieux. Voilà pour la mise en scène.!

Si vous avez porté attention au tout début de ce texte, j’ai mentionné que Kim m’avait parlé du yoga chaud en 2008. Pourquoi avoir attendu un an avant d’aller l’essayer? Parce que j’avais peur, comme tout le monde qui entend parler de faire du yoga dans une salle chauffée à 42° Celsius ! “Il faut être fou pour faire du yoga dans une telle chaleur!, je n’y arriverai pas, je ne supporte pas la chaleur et patati et patata “. Comme je pratiquais déjà le yoga depuis 2001 car je m’étais inscrite à des séances alors que je cherchais une méthode naturelle pour régulariser mon sommeil ( je travaillais sur un horaire rotatif, jour-soir-nuit ), j’avais donc un petit avantage. Avez-vous déjà entendu cet adage qui dit qu’on change quelque chose dans notre vie quand cette chose nous fait trop souffrir et qu’on en a assez? Alors j’avais atteint ce point de non retour avec mon corps et je préférais essayer quelque chose de nouveau, qui me faisait très peur, plutôt que de continuer à avoir mal.

En 2009, je suis séparée depuis un peu plus d’un an, mes enfants sont alors âgés de 17 et 14 ans et j’ai plus de temps pour moi. Je me décide finalement à tenter le coup. Je choisis de me présenter au studio de yoga pour le cours du dimanche matin 10h. Nous sommes en février, et c’est le début de la semaine de relâche. J’arrive sur place, et je ne connais personne, je suis seule et j’ai le cœur qui bat à pleine vitesse. Je suis complètement hors de mes baskets. La personne au comptoir qui m’accueille est Damon Davies. Il est gêné, il parle très bien français bien qu’il soit anglophone et ce que je ne sais pas, c’est que cela fait trois mois qu’il enseigne le yoga chaud. Je suis gênée, je me sens loin de chez moi et j’ai extrêmement peur de ce qui va suivre ! Qu’à cela ne tienne, je remplis le formulaire de dérogation qui n’est pas très encourageant et je m’inscris pour la semaine d’essai à 24$. Je vais installer mon tapis dans la salle chaude après qu’on m’ait donné les consignes d’usage: “Installez votre tapis à l’arrière de la classe, mettez la serviette sur le tapis, on boit après la 3e posture, attendez le signal du professeur, prenez des pauses si vous en avez besoin. Est-ce que vous avez des blessures ou des conditions qui pourraient vous empêcher de faire cette classe ?” Et je me dis: “Est-ce que la peur est une condition qui compte?” Mais je n’ai pas posé la question. “Non non, tout va bien, merci de vous informer !!”

Je suis passée au vestiaire, je me suis changée et j’ai dû faire 3 pipis nerveux. Je n’arrêtais pas de trembler et je me disais: ” Ça va aller, c’est juste quelque chose de nouveau et tu es vraiment sortie de ta zone de confort. Tu peux t’arrêter, prendre des pauses et juste faire de ton mieux.” Mais j’ai tremblé comme ça pendant un bon bout de temps. Je suis allée m’installer sur mon tapis de yoga et je trouvais déjà qu’il faisait chaud !! Les yogis d’expérience, vêtus très légèrement, étaient dans les premières rangées à faire des étirements ou à méditer. J’étais assise sur mon tapis, je portais une camisole et des pantalons. Bonjour la chaleur !

Le cours a finalement débuté et c’est à ce moment que j’ai réalisé que j’avais parlé au professeur à mon arrivée !! On commence avec le Pranayama, la respiration profonde et déjà après la première série, je peine à respirer. Je n’arrive pas à inspirer pendant six secondes et encore moins à expirer pendant six secondes tout cela en rentrant le ventre. Je me demande sérieusement qui peut accomplir un tel exploit. Je triche en expirant de petites quantités d’air pendant l’inspiration tout en maintenant le mouvement et je fais la même chose à l’expiration. Arrive la demi-lune. Je regarde dans le miroir et je vois ma réflexion et combien je semble courbée par rapport aux yogis de la première rangée mais je n’arrive pas a me redresser adéquatement. J’essaie du mieux que je peux, c’est tout ce que je peux faire. Je ne comprends pas comment on peut transpirer au point de dégoûter sur le plancher.

Je regarde le professeur, j’écoute et j’essaie de reproduire ce que j’entends. Dieu merci, je connais déjà quelques postures alors je ne me sens pas trop perdue. Mais je trouve cela difficile, très difficile, je pense même que je fais pitié !!

Pose curieuse, ayoye!, comment fait-on pour rester là avec une telle sensation de brûlure dans les jambes. À la série d’équilibre, je me sens fatiguée mais je veux continuer. Mon cœur bat à tout rompre, j’ai peut-être pris un café alors que je n’aurais pas dû ! Le triangle restera pour moi un mystère jusqu’en 2011 !! alors ne vous découragez pas si vous n’avez pas encore saisi cette posture. Je crois que j’ai presqu’applaudi lorsque Damon nous a invité à faire le premier Savasana. Je ne me souviens pas de tout ce qui s’est passé dans ma tête pendant cet arrêt mais je sais que j’étais très heureuse de cette pause bien méritée.

Mais ce n’est pas fini !La série au sol commence et “Ho mon Dieu”, encore des sensations de brûlure comme jamais expérimentées dans toute ma vie. Je me demandais si on n’avait pas oublié de mentionner qu’il fallait être contorsionniste pour faire du yoga ! Finalement, j’ai complété le cours et j’étais “complètement mourue”. Je ne sais pas comment j’ai réussi à sortir de la salle et je me souviens que la pomme qu’on ma offerte après le cours était la plus lourde que je n’ai jamais mangée. Je me disais, il faut que je me lève, que je prenne une douche et que je retourne jusqu’à Boucherville en conduisant ma voiture… C’est impossible! Mais je l’ai fait et j’y suis retournée à presque tous les jours pour souffrir pendant la classe et me sentir tellement bien dans la journée qui suivait. La douleur en valait la peine. Mes nuits de sommeil étaient aussi récupératrices que lorsque j’étais adolescente et mon corps retrouvait une force et une souplesse que je ne lui connaissais pas. C’était merveilleux.

La suite, vous la connaissez, elle nous a mené Isabelle et moi à ouvrir notre studio de yoga à Boucherville. Si cette lecture vous a fait rire, tant mieux! J’espère qu’elle démystifiera ce qu’est une première expérience de yoga chaud et qu’elle vous donnera envie de l’essayer.

Namasté