Les confessions d’une pratiquante: Ma santé mentale à besoin de Yoga

Par Anne Flamant © Bikram Yoga Boucherville – 14 janvier 2020 – Tous droits réservés.

J’aimerais prendre 5 à 10 minutes de votre temps pour partager un petit bout de mon histoire personnelle qui démontre de quelles façons le yoga a grandement contribué à améliorer ma santé mentale. Je me lance ici sans filtre, sans gêne, complètement transparente pour que vous compreniez toute la gratitude que je ressens face à cette pratique et aux professeures tellement humaines et inspirantes que j’ai rencontrées car elles m’aident à grandir chacune à leur façon. Je m’ouvre ici pour vous permettre de comprendre comment le yoga m’a aidée et sauvée.

Je suis une femme de 27 ans qui dès l’âge adulte a reçu ses premiers diagnostics en santé mentale. Les symptômes se sont manifestés au grand jour en troubles d’anxiété généralisée avec attaques de panique, accompagnées d’un trouble bipolaire et d’un trouble obsessionnel-compulsif. Ils font partie de moi et il se manifestent de temps à autre au quotidien et parfois sur une plus longue période. Cette dernière phrase est remplie d’étiquettes et à la première lecture, ça peut sembler sombre et lourd à porter. Pour être totalement honnête, oui, c’est parfois lourd d’avoir une santé mentale si fragile. Mais grâce à ce que je vis, je suis bien placée pour vous dire à quel point prendre soin de cette dernière est aussi important que de prendre soin de sa santé physique. J’aimerais aussi dire que prendre soin de sa santé mentale devrait, selon moi, être une priorité dans la vie de tous et chacun. Cela devrait l’être à tous les instants et pas seulement en arrêt de travail ou en période de dépression, mais aussi lorsque ça va bien.

Le début de l’année 2018 rime avec arrêt de travail, épisodes dépressifs et anxieux et zéro qualité de sommeil. Je somatise beaucoup et dans mon cas, lorsque j’ai des pensées anxiogènes cela génère automatiquement des palpitations cardiaques et des nausées. Je suis tellement anxieuse, qu’entre janvier et avril, je passe mes nuits en crise de panique et à vomir. Je n’ai pas besoin de vous en dire plus, vous comprenez tout de suite que je vais vraiment mal.

Sachez que la psychiatre qui me suivait à cette époque m’avait parlé de sa propre pratique du yoga chaud et combien celle-ci l’avait beaucoup aidée. J’ai suivi son conseil et je me suis rendu au studio à la fin du mois de mars, après l’avoir regardé au moins 50 fois de l’extérieur, je décide enfin d’y mettre les pieds pour m’informer des tarifs, des types de classes, des horaires et pour parler brièvement de mes inquiétudes face à la chaleur. Je suis très intuitive et sensible à l’énergie des autres et des lieux. Lorsque je suis finalement entrée pour la première fois, c’est Isabelle qui était là. On ne s’est parlé qu’environ 5 minutes, mais dans ce court laps de temps, j’ai ressenti que j’étais à la bonne place et que les professeurs dont j’avais besoin s’y trouvaient. J’ai participé à mon premier cours le lendemain. C’était la classe traditionnelle en salle chaude enseignée par Valérie. Je ne connaissais aucune des 26 postures et des 2 exercices de respiration que j’allais faire. J’étais face à l’inconnu dans le contexte d’un premier cours et avec la manière que j’ai de faire face à la nouveauté, j’aurais dû être anxieuse. Étrangement (et j’en suis très heureuse), je n’ai eu aucune pensée anxiogène ou manifestations physiques d’anxiété et ce, grâce à Valérie avec qui je me sentais bien supervisée et aussi grâce à l’atmosphère de respect qui régnait dans la classe. Je ne ressentais ni comparaison, ni compétition. J’étais Trèèès débutante et malgré la présence de ces yogis avancés, je sentais que j’avais ma place. Peu importe le niveau de pratique des nombreux yogis pratiquant le samedi matin, tout le monde fait de son mieux et travaille à son rythme.

Je pratique maintenant le yoga le plus souvent possible. J’ai ressenti des bienfaits mentaux et physiques dès les premières classes et ils grandissent avec mon assiduité à le pratiquer. Moi qui avais peur de la chaleur, je peux vous dire que je l’ai apprivoisée assez vite, et bien honnêtement, je ne pourrais plus m’en passer! C’est mon niveau d’anxiété qui bénéficie le plus de cette pratique. Peu importe que la classe dure 60, 75 ou 90 minutes, elle devient mon moment de vacances à la chaleur, de bien-être ultime, de ressourcement. Dès que je mets les pieds dans la salle, l’anxiété me quitte. Le yoga, c’est ma pause, c’est l’espace où mon diagnostic ne me suit pas, où il reste de l’autre côté de la porte. Toutes mes classes m’apportent un bien énorme, qui me suit dans les heures suivant le cours. Il émane maintenant de moi un calme et une paix intérieure ainsi qu’une plus grande confiance en la vie et en moi. Grâce aux méditations et à ma connexion au souffle, j’arrive plus aisément à être dans le moment présent, ce qui me fait tellement de bien, « être » simplement et savourer pleinement ce qui est.

Donc, le yoga m’a sauvée. Ce studio et ces professeures sont apparus dans ma vie pour m’éclairer et m’aider à me relever. Bien que je ne puisse pas guérir complètement de mes diagnostics en santé mentale, je peux en alléger les symptômes grâce au yoga. Le calme que celui-ci me procure est un médicament naturel que ma santé mentale adore, alors je lui en donne le plus souvent possible.

Voici mon dernier partage. Il y a plusieurs mois, lors d’une méditation qu’Isabelle guidait, j’ai vécu un événement qui m’a changée et ça m’a fait réaliser beaucoup de choses. C’était simple, on devait essayer de se connecter à notre cœur d’enfant. Je n’ai pas compris sur le coup pourquoi, mais en le faisant, les larmes se sont mises à couler. Je les ai laissées aller sans trop me questionner. J’ai laissé l’émotion être en moi. Je suis sortie de la salle et j’ai explosé en larmes. J’ai compris peu de temps après la classe pourquoi une tristesse m’envahissait. J’ai eu une belle enfance et mes souvenirs sont assez heureux. Ce qui m’a fait mal c’était de voir à quel point, avec le temps, je m’étais éloignée de ce cœur d’enfant si insouciant, qui n’appréhende pas l’avenir et qui prend tellement de plaisir à s’amuser, à rire. Depuis cette soirée-là, il n’y a pas une journée où je n’y repense pas. J’essaie à tous les jours de vivre ma vie « quotidienne » avec mon cœur d’enfant. À titre d’exemple, lorsque je promène mon chien, j’essaie de prendre au moins 5 minutes pour courir avec elle, l’énerver, jouer, m’amuser, la prendre dans mes bras, comme le ferait un enfant… Merci Isabelle, ces 15 minutes de méditation m’ont fait prendre conscience de toutes ces choses.

Valérie, tes cours commencent très souvent par cette phrase : « Je vous souhaite la classe dont vous avez besoin ». Cette phrase résonne en moi… Parfois sur mon tapis, je sens des émotions et des résistances se libérer. D’autres fois, je réalise des choses qui me viennent intuitivement. « Mes besoins » diffèrent au fil des pratiques et lorsque tu dis cette phrase, je ne me demande pas ce dont j’ai de besoin aujourd’hui, je la laisse « être en moi » et ça se fait tout seul durant la pratique. Au fond, mon corps et mon être savent toujours ce dont j’ai de besoin. Merci Valérie. Merci également de nous montrer ton côté humain et authentique. Grâce à cela, on se sent encore plus près de toi. Quand je pratique avec toi, je me sens calme.

Merci Marie-Claude pour ta bonne humeur, ta légèreté et ton humour. C’est agréable comme les cours sont légers avec toi.

Merci Nathalie de nous transmettre ta bonne humeur et ta joie de vivre.

Merci Patricia d’avoir commencé à enseigner. J’ai eu la chance d’être là lors de ta première classe. Le calme et la confiance que tu dégageais m’ont fait vivre une très belle expérience. L’enseignement semble naturel pour toi…

Ces professeures sont différentes chacune à leur façon. Elles sont uniques, elles sont humaines et vraies. Elles sont de bonnes profs, elles sont des guides et des exemples de comment simplement être un humain. Je les remercie du fond du cœur xxxx.

Namasté