Les confessions de Valérie Réflexions de fin d’année 2016

Par Valérie Trinh © Bikram Yoga Boucherville – 28 décembre 2016 – Tous droits réservés.

Je ne sais pas si je suis la seule à ressentir un besoin criant de faire le point lorsque nous arrivons à la fin d’une année, mais en cette fin d’année 2016, ce besoin est encore plus fort que d’habitude. Eh oui, il ne reste plus que quelques heures pour compléter les 366 jours de cette année bissextile qui était également une année 9 en numérologie. Au 31 décembre 2016 un cycle de 9 ans aura été complété pour faire place à un tout nouveau cycle avec l’arrivée de 2017.

Je vous le confirme haut et fort, je suis vraiment très heureuse de faire mes adieux à 2016 !! Vous dire combien cette année a été lourde et remplie de résistance serait un euphémisme! J’ai ressenti (ou créé) de la résistance tout au long de l’année et pour toutes sortes de situations qui se présentaient à moi. Qu’elles touchent le travail, les relations amoureuses, les relations familiales ou des réalisations importantes que je devais faire, j’ai ressenti tout au long de l’année des tensions, des douleurs qui venaient de mes propres résistances.

Il faut bien travailler avec le corps et prôner le bien être et la conscience de soi pour éprouver autant de résistance !! C’est comme ça, je crois que c’est un mécanisme de défense. Plus la résistance est forte et plus l’os qu’on est en train de gruger est gros !!

C’est bien connu, nous sommes notre pire ennemi. Une partie de nous voit ou plutôt ressent qu’elle n’est plus bien ou plus à la bonne place et elle réclame un changement. Mais il y a alors cette autre partie qui elle est bien dans ses vielles pantoufles de pensées dépassées et elle ne veut pas les laisser aller. De là naît la résistance. On se bat littéralement contre soi-même !! La bonne nouvelle c’est que plus la résistance est grande, plus ce que je travaille, et ce parfois malgré moi, est d’une importance capitale!

J’essaie de voir ma vie comme une classe de yoga en me disant que si j’ai réussi à développer une pratique plus consciente, je peux appliquer cette même conscience aux expériences de ma vie. Mais je vous avoue humblement que c’est beaucoup plus facile à réaliser dans la classe de yoga! Une fois installée sur mon tapis, ma respiration calmée, mon mental connecté à mon corps, j’arrive à oublier complètement ce qui se passe dans ma vie pour au moins 60 minutes. Parfois, alors que je maintiens une posture, que je respire et que je suis pleinement consciente de mon corps, je sens monter en moi une émotion et c’est souvent de la tristesse. Alors je la laisse aller et je me donne la permission de pleurer tout en restant immobile.  J’adore que cela m’arrive en classe car pour moi, c’est l’endroit où je me sens le plus en sécurité. Lorsque je pratique, je fais un avec moi-même et j’accepte plus facilement mes petites bêtes noires. Parce que je suis connectée et en mode d’observation, le jugement est alors moins actif ce qui me permet de voir ces petites bêtes comme des êtres à apprivoiser plutôt que des êtres effrayants qu’il faut enfermer à double tour. Si je peux réduire de moitié les jugements que je me porte dans la vie de tous les jours, j’aurai acquis une plus grande tranquillité d’esprit et je me sentirai plus calme et surtout plus en contact avec qui je suis. Plus je garde ce contact et moins je me juge… C’est une belle roue à faire tourner en 2017!

Je veux terminer l’année en remerciant la vie et particulièrement mes résistances et mes petites bêtes noires! Voyez-vous sans elles, je ne serais pas en mesure de ressentir que je ne suis pas bien. Ces résistances, qu’elles soient physiques et/ou mentales, me causent de la souffrance… Et par souffrance je veux dire que je me sens mal, soit dans mon corps, soit dans ma tête et souvent, les deux en même temps. Cette souffrance, ce mal être est là pour m’aider à comprendre que je ne suis plus alignée (corps, âme et cœur). Bien que mon réflexe est de fuir cette sensation et que tous les moyens pour y arriver sont bons: Se perdre dans le travail, être continuellement en action pour ne pas ressentir, manger pour combler un vide trop effrayant, prendre de l’alcool ou des médicaments pour amollir un ressenti trop intense, développer une dépression; malheureusement, ou heureusement, ces actions ne font que repousser l’inévitable: Une rencontre du troisième type avec soi-même. Pourquoi avons-nous aussi peur d’aller à notre propre rencontre? Je vous laisse réfléchir à la question pour 2017 !

Je remercie également 2016 car elle m’aura mise en face de mon incapacité à ressentir une émotion saine et surtout vitale qu’est la colère. Puisque je n’assume pas cette émotion, j’ai de la difficulté à côtoyer les gens qui m’entourent lorsqu’ils vivent une situation frustrante ou lorsqu’ils sont en colère. Ma façon de minimiser cette émotion m’aura permis de développer de belles qualités telles que l’écoute, l’observation et l’empathie mais elle m’aura également coupée d’une énergie fondamentale qu’est ma créativité. Comment faire pour vous décrire ce que je ressens par rapport à ces deux énergies? C’est comme si en enfermant ma colère au plus profond de moi pour ne pas la ressentir, et surtout ne pas ressentir ce qu’elle me fait vivre ou plutôt ce qu’elle me fait penser de moi-même (je suis méchante lorsque je suis en colère, je ne suis pas une bonne personne, je déplais aux autres et que sais-je encore), j’y avais également sacrifié ma créativité. Je perçois que ma colère est la face A d’une pièce de monnaie dont la face B est ma créativité. Je ne peux me débarrasser de l’une sans perdre l’autre. Mes résistances sont nées alors que mon besoin de créer s’est réveillé. Il a cogné pour sortir du recoin où il était enfermé mais comme cela signifiait qu’il faillait aussi libérer la colère, un combat s’est amorcé. Bonjour le conflit interne !! Bonjour la souffrance et tous les inconforts qui viennent avec.

En 2017, je nous souhaite moins de résistance et plus d’acceptation. Pour ma part, je souhaite également apprivoiser ma colère, lui faire plus de la place, pas toute la place mais juste assez pour lui redonner ses lettres de noblesse. Je souhaite créer un espace sain en moi qui lui permettra d’exprimer pour moi ce qu’elle a le droit d’exprimer sans que je ne la juge ou que je ne me juge par la même occasion. En lui redonnant sa place, je choisis en fait d’écouter ma créativité qui me chuchote à l’oreille que c’est la bonne chose à faire. Elle a compris, parce qu’elle ne juge pas! que toute l’énergie contenue en moi et requise pour retenir cette colère peut servir à quelque chose de beaucoup plus beau et de beaucoup plus grand.

Et vous, que souhaitez-vous apprivoiser en 2017?