Les confessions de Valérie Qualité de présence à soi

Par Valérie Trinh © Bikram Yoga Boucherville – 7 décembre 2016 – Tous droits réservés.

Au cours des dernières semaines, plusieurs événements m’ont permis de réfléchir sur différents thèmes de ma vie. Une des réalisations que j’ai faite (pour la 10e ou la 100e fois!) c’est que peu importe la situation dans laquelle je me trouve, plus je m’attache à ce que je pense qui devrait arriver plutôt que de me concentrer sur ce qui est, plus j’ai de la difficulté à lâcher prise. Pourquoi est-ce si difficile alors que l’on sait pertinemment que c’est la bonne chose à faire ?

Je pense qu’il y a deux causes principales à cela. La première, est associée à l’attachement qu’on prête aux choses que nous accumulons mais aussi aux événements que nous avons vécus tout au long de notre vie et la seconde vient du fait que le lâcher prise implique une perte de contrôle. Dieu sait combien nous n’aimons pas perdre le contrôle car cela signifie laisser à quelqu’un d’autre ou à quelque chose d’autre la possibilité de tirer les ficelles de notre vie. Dit en d’autres mots, ou plus spirituellement, « C’est avoir la foi !! »

Nous sommes des êtres complexes et nous vivons des expériences qui sont ressenties sur plusieurs niveaux. Les nord-américains accordent beaucoup de crédit au mental, au cerveau car c’est lui qui gère et qui dirige. Nos sentiments ou nos émotions sont également pris en compte dans nos expériences et ce sont justement eux qui créer de forts liens à ce que nous vivons ou encore aux objets que nous nous procurons Ces émotions créent un sentiment d’attachement à l’événement ou à l’objet en question, ce qui nous donne, à travers lui, un sentiment de validité. « J’ai le droit d’être ici, ces événements ou ces objets le prouvent. » J’irai plus loin que ça. Nous voyons ces choses ou ces événements comme faisant partie intégrante de qui nous sommes alors qu’en fait, il n’en est rien. Mais une fois que la pensée qu’ils me modèlent a été créée, le pas suivant à faire dans cette direction est facile à prendre : “Je suis la somme de tous ces événements et de toutes ces pensées, ils me définissent. » De là naît l’attachement.

Mais une fois que l’événement est terminé, il n’existe plus dans la réalité. Le seul lieu où il existe encore, c’est dans notre tête. Et nous passons beaucoup de temps à rejouer ces événements en boucle plutôt que de prendre le temps de regarder ce qui se passe exactement là, en ce moment. Nous revivons des événements passés, ou nous nous projetons dans ceux attendus et nous perdons tranquillement conscience de la réalité qui nous entoure pour s’entourer d’une réalité fictive, créée de toute pièce par notre mental. C’est un mode de vie complètement inadéquat qui cause tant de souffrance et surtout beaucoup d’incompréhension.

Il est urgent que nous apprenions à nous reconnecter à nous même pour nous ramener à ce qui est essentiel. L’air que je respire, le bleu du ciel, l’eau qui me garde en vie, ma maison qui m’offre une protection contre les intempéries, ma fille qui a fait la vaisselle, mon garçon qui m’appelle pour qu’on aille magasiner ensemble, vous voyez…En nous reconnectant, nous desserrons l’emprise qu’à le mental sur nous et nous offrons un exemple d’une vie plus équilibrée aux gens qui nous entourent. Cela permet à nos enfants de faire la même chose.

Le détachement permet une meilleure connexion à Soi. Lorsqu’on arrive à vivre une telle connexion, il est impossible de ne pas développer une meilleure qualité de présence à soi-même. Et c’est ce qui nous manque cruellement. Nous passons tellement de temps à imaginer à ce que les autres vont penser de nous si nous prenons telle décision ou si nous fréquentons telle personne. Et tout ce temps passé dans la tête des autres nous fait perdre les précieuses minutes, heures, semaines, mois et même années que nous aurions pu utiliser pour être plus présent à nous-mêmes.

J’ai découvert la présence à moi-même par l’écriture. C’est une forme d’auto psychanalyse que je pratique seule en tête à tête. Mes cahiers d’écriture contiennent une version non censurée de moi et lorsque je me relis, je suis parfois gênée. Je vous partage cela en toute franchise pour vous refléter combien la puissance du jugement est forte. J’ai écris quelque chose qui m’a permis de mieux me connaître et lorsque je me relis, je me sens gênée !! Imaginez maintenant cet exemple et transposez le dans votre vie, dans celle de nos politiciens, de nos médecins ou de nos policiers. Voyez-vous comment cela nous affecte tous? On a besoin d’apprendre à se détacher des choses ou des situations que nous vivons. Ce détachement apporte une objectivité qu’il est impossible d’avoir lorsqu’on a le nez collé sur ce que l’on vit. On a beaucoup de pain sur la planche mes amis, mais ça tombe bien car j’ai faim pour des toasts au beurre de peanuts !!

Sans blague, le monde ne peut aller mieux que si les humains qui le constituent vont bien. Il est temps d’être honnêtes envers nous-mêmes. Nous ne sommes pas bien. Notre modèle de société n’est plus adéquat. Nous vivons éloignés les uns des autres et nous avons perdu le contact avec la chose la plus importante qui soit, notre âme. Elle se noie dans le tumulte des jeux vidéo, des téléphones intelligents, des comptes Instagram et Facebook et de la quantité de “Like” qu’ils auront reçus. Mais si je vous posais cette question : “Est-ce que tu te LIKE toi-même?” Pas sur des publications de médias sociaux mais dans ta vie de tous les jours?

Si je m’accorde de la présence, je deviens plus compatissante envers moi-même. Je peux alors me poser sincèrement ces questions et y répondre en toute franchise : Est-ce qu’à la fin de la journée, je peux sincèrement me dire que je m’aime et que je suis fière de ce que j’ai accompli? Ou que j’étais là au bon moment pour cette dame qui avait besoin d’aide pour ouvrir la porte du centre commercial ? Est-ce que j’ai pris le temps de vraiment écouter les gens que j’ai croisés dans la journée ou ai-je simplement porté une oreille distraite à leur propos car je pensais avoir mieux à faire? Lorsque je m’accorde de la présence, je suis capable de me voir dans ma totalité, avec mes forces et mes faiblesses et j’arrive parfois même à ressentir de la reconnaissance face à mes faiblesses car elles me rendent juste humaine.

Ce sont des affirmations dures, pas faciles à entendre, et encore moins faciles à accepter. Pour y arriver, il est nécessaire de cultiver l’indulgence et l’humilité, deux qualités qui ne sont pas mises de l’avant par les médias sociaux. Mais lorsqu’on commence à les cultiver, la vie semble reprendre son sens, les couleurs sont plus brillantes, les gens redeviennent aimables et compatissants, ils sont le reflet de nos pensées envers nous-mêmes.

Cultivons l’indulgence et l’humilité une journée à la fois. Ce sont deux qualités qui gagnent à être connues et surtout, à être vécues, et cultivons plus de présence à nous-mêmes.

Namasté.