Les confessions de Valérie: Les temps sont fous

Par Valérie Trinh © Bodhi Yoga Boucherville – 23 mars 2020 – Tous droits réservés.

Cette phrase provenant d’une chanson de Daniel Bélanger tourne en boucle dans ma tête depuis quelques jours. On pourrait l’associer au fait que tout va trop vite, que nous n’avons plus le temps de vivre et d’être simplement, que les gens sont trop occupés à faire et à performer plutôt que de simplement être présents pour nous-même et les gens qui nous entourent…

Pourtant, le temps s’est littéralement arrêté depuis le dimanche 15 mars 2020, date à laquelle le premier ministre du Québec a décrété la fermeture de plusieurs lieux de rassemblement dont les centres d’entrainement, les gym et les studios de yoga.

Confinés malgré nous entre les 4 murs de nos demeures, plusieurs réactions peuvent se produire : La panique, à l’idée que tout ce qui selon moi, me constitue en tant que personne, s’écroule tout à coup; la colère, à l’idée que le gouvernement prenne des décisions pour le plus grand bien de tous qui impactent mes libertés individuelles et que cela me laisse impuissante et sans contrôle; la résilience, à l’idée que tout à coup, je me retrouve avec autant de temps que je le désire pour faire toutes sortes de choses que je n’avais pas le temps de faire auparavant ; l’indifférence, car je vis déjà un peu à l’écart de la société dans un éloignement volontaire simplement parce que je suis bien comme ça !

On pourrait tout autant associer cette phrase au fait que l’expérience humaine que nous sommes en train de vivre génère cette sensation que les temps sont fous, qu’ils sont hors de contrôle ou qu’ils ont leur propre dessin caché.

Peu importe ce que vous ressentez, je crois sincèrement qu’il y a un espace magique qui peut naître de ce qui nous habite.

Je suis choyée car j’ai cette facilité à voir le bon côté des choses, particulièrement lorsque je ne me sens pas toute seule dans une situation. Ici, bien que nous vivions tous des émotions différentes par rapport à cette crise, à ce raz de marée qui passe sur la terre comme un Tsunami qui appelle à l’éveil des consciences, je me sens calme et rassurée. J’écoute les recommandations qui sont faites par les instances gouvernementales, et particulièrement celles du Québec et je me sens soutenue. J’apprécie la ligne qu’a prise le premier Ministre Legault de nous informer et de nous dire les vraies affaires. Il agit comme un bon père de famille qui prend les décisions difficiles qui ont besoin d’être prises et il ne se cache pas la tête dans le sable, il est là sur la première ligne et il répond aux questions au meilleur de ses connaissances. Il est bien entouré et cela me rassure. Les actions mises en place sont respectées par les élus et cela amène un sentiment de congruence, un sentiment de « faites pas juste ce que je dis, faites ce que je fais… » les bottines suivent les babines…

Je ne sais pas de quoi demain sera fait et sincèrement, j’essaie simplement de rester dans l’ici et le maintenant. Depuis quelques jours, je me lève à l’heure qu’à décidé mon corps de se réveiller, je marche à tous les jours avec Penny-Joy et Gilles, je redécouvre des plaisirs oubliés tel que : casser les petites couches de glace mince qui naissent au cours de la nuit et qui craquent lorsqu’on met le pied dessus. J’ai même appris à Penny-Joy à faire de même !! J’apprécie ces moments avec mon chien qui ne se questionne pas sur ce qui se passera demain. Elle se roule langoureusement dans la neige ou la boue pour son seul plaisir au grand dam de ses humains ! Au cours de ces marches, je croise plus de gens que jamais auparavant, je croise plus d’êtres vivants que de voitures, j’entends les oiseaux qui chantent et qui se répondent mutuellement puisque bien malgré tout, c’est le printemps ! Les bourgeons bourgeonnent et tout cela est à portée de main si je me permets de m’y connecter.

J’essaie de regarder le côté positif de cette situation. J’ai plus de temps pour écrire, plus de temps pour prendre soin de moi et des gens que j’aime et même si je ne peux pas les voir, je peux leur parler, leur écrire, prendre de leurs nouvelles et penser à eux, leur envoyer de l’amour à travers les méditations que j’ai le temps de faire, seule ou en groupe sur Messenger. Je mange des croissants frais achetés le matin même car Gilles avait besoin du réconfort d’un bon pain chaud qu’on a pu acheter aux Enfarinés afin de soutenir notre économie locale. Je fais le tour de ce qui constitue les réserves de mon congélateur et je cuisine avec de la bonne musique.

Et vous, que faites-vous de ce temps qui vous est imparti ?

Je vous invite à réponder et partager vos trucs! Restons connectés malgré l’isolement physique. Nous sommes unis à bien d’autres niveaux et ce qui se passe présentement est une opportunité pour en faire l’expérience.

Valérie