Les confessions de Valérie Comment l’idée d’écrire a reveillé toutes sortes de peurs…

Par Valérie Trinh © Bikram Yoga Boucherville – 16 août 2016 – Tous droits réservés.

C’est mercredi matin et c’est le matin qui souligne mon retour au travail. Je me suis réveillée à 4h45 alors que le cadran de Gilles, mon amoureux, le tirait de sa trop courte nuit et je n’ai pas pu me rendormir… Beaucoup de choses dans ma tête se sont mises à virevolter à vive allure et bien que je fusse physiquement calme et paisible et que ma respiration l’était tout autant, je savais que je devais me lever pour écrire. Écrire a toujours fait partie de ma vie, plus encore, cela a toujours fait partie de moi. Je me souviens qu’à mon adolescence, moment charnière pour nous tous, je noircissais déjà des pages et des pages dans mes journaux personnels. Cette pratique, ou devrais-je dire cette thérapie a toujours été là pour moi. Certains êtres sont naturellement portés vers le dessin pour exprimer ce qui ne veut pas sortir, pour moi, ce sont les mots qui me permettent d’aller là. Ils permettent à mon intellect de participer à une activité créative !

Mais depuis un peu plus d’un an, l’idée d’écrire est passée à un autre niveau. J’ai commencé à flirter avec l’idée de partager davantage qui je suis. Ouff, je ne vous dis pas les nuits blanches et les montées d’anxiété que cette idée a générées ! Elle est arrivée enrobée à quadruple tours de toutes sortes de peurs, de doutes et de craintes qui semblaient justifiés et qui m’ont retenue pendant un certain temps. Mais ce besoin de partager a continué de grandir au plus profond de mon être jusqu’à en être criant. Je ne pouvais plus l’ignorer et c’est à ce moment que je me suis dit: “Et pourquoi pas?” J’écris ces mots et des larmes de vérité coulent sur mes joues. Je suis et serai toujours une personne discrète, certains diraient même secrète… Je porte en moi la peur du rejet et cette peur m’empêche d’avancer plus souvent qu’autrement, elle me fait procrastiner, surtout pour les choses qui me demandent un effort personnel, je veux dire par là qu’elles me forcent à travailler sur mes petites bêtes noires ! Alors bien que je me sois levée à 5h15, j’ai réellement commencé à écrire à 6h20, après avoir fait mon café, rangé la vaisselle de la veille, lu les dernières publications de mes amis sur Facebook!Cette peur est en plus teintée de celle de “je ne mérite pas”…est-ce que cela vous dit quelque chose?

Je vous entends vous questionner et vous dire : “Qu’est-ce qui t’a poussé à aller de l’avant?” La réponse est fort simple: C’est grâce à vous…

C’est à force de côtoyer des gens merveilleux qui viennent faire leur yoga à tous les jours pour toutes sortes de raisons qui sont les leurs que j’ai réalisé que je pouvais inspirer ces mêmes personnes lorsque j’enseignais mes cours de yoga. Et cette réalisation m’est venue des partages qui me sont faits à tous les jours par des gens que je ne connais presque pas et d’autres qui sont maintenant dans ma vie depuis bientôt 4 ans. Mais la force du mental étant ce qu’elle est, tous ces beaux témoignages n’arrivaient pas à rivaliser avec les doutes, les peurs et les craintes qu’il avait crée dans ma tête. “Et si les gens ne m’aiment plus ? Et si je dis quelque chose qui peut leur déplaire? Et si je me trompe? Et si je perds la face? Et si… et si…” Vous connaissez cette roue qui tourne sans fin, le hamster de mon cerveau avait pris le dessus. J’ai donc attendu et j’ai continué d’écrire pour moi même pendant un an.

Pourquoi j’écris tout cela ce matin sur la page Facebook de notre studio de yoga ? Parce que ça aussi c’est faire du yoga ! C’est du yoga mental ! le Raja yoga. On connait le yoga pour ses postures, ses asanas, mais le yoga est un tout qui inclus beaucoup plus que les asanas. Vous l’avez sans doute déjà expérimenté dans une classe de yoga où vous êtes particulièrement concentré. Tout semble bien aller, vous ne forcez pas, vous êtes simplement là dans le mouvement, dans la respiration, dans le corps. Vous êtes dans le moment présent et être dans le moment présent permet au mental de décrocher. Lorsqu’il décroche, une porte sur notre vrai moi s’ouvre et de là peuvent sortir toutes sortes de choses. Des peines refoulées d’il y a 40 ans, des fous rire de notre enfance des idées oubliées, et même des rêves. Mais de là peuvent aussi ressortir des peurs. C’est bien beau tout cela me direz-vous, mais qu’est-ce qu’on en fait ? On fait alors du raja yoga. On applique à ces peines, à ces fous rire, à ces idées, à ces rêves ou à ces peurs la même observation “sans jugement” que l’on a appris à faire pour chacune des postures de yoga qu’on exécute en classe. On s’observe. On observe le mental qui veut tout mettre dans des cases et tout étiqueter pour que ce soit facile à gérer et on observe l’âme ou l’intuition qui nous dit que ce n’est pas la chose à faire.

Que fait-on de cette peine, de cette peur ou de ce rêve si on ne le case pas à quelque part ? On l’observe, on essaie de mieux définir ses contours et de comprendre comment il est né, de quoi il se nourrit et ce qui le fait mourir. Avec toutes ces informations en main, on peut choisir ce qu’on fera avec cette peine, cette peur ou ce rêve. “Est-ce que je veux continuer à avoir de la peine, ou à avoir peur ?” Oui, super, on ne change rien au scénario actuel et on continue comme ça. On ne veut plus avoir cette peur ou avoir cette peine, ou on veut aller de l’avant avec ce rêve qu’on avait mis de côté, on essaie quelque chose de différent. Ce n’est malheureusement pas une assurance contre les peines ou les peurs mais ça nous permet de bouger, de changer les choses et d’obtenir de nouveaux résultats qui correspondront peut-être mieux à nos besoins. Si non, on essaie encore et encore. C’est de l’observation, c’est du Raja yoga.

C’est donc avec cette énergie que je me suis levée ce matin. Celle qui dit, “tant pis si vous ne m’aimez pas, je fais vraiment de mon mieux et je le sais au plus profond de moi” et je me suis installée à mon ordinateur pour vous partager tout ça. Je l’avoue, j’ai peur et je tremble à l’idée que vous me riez au nez, mais en même temps je sais que je ne peux plus vivre comme ça dans l’ombre de celle que je suis et qui ne demande qu’à être…C’est mon Raja yoga.

Je terminerai en vous posant cette question: “Êtes-vous comme moi lorsque vos vacances tirent à leur fin ?” Personnellement, je me sens toujours un peu triste car c’est la fin de quelque chose et je le vis comme un petit deuil. C’est comme ça que je me sentais hier avant d’écrire sans retenue dans mon journal. Mais ce matin, je me sens vivante, prête à passer à l’action, prête à vous regarder dans les yeux et à vous inspirer avec tout mon être car c’est pour cela que j’enseigne le yoga.

Namasté