Les confessions de Valérie: En ces temps de certitude…

Par Valérie Trinh © Bodhi Yoga Boucherville – 19 mars 2020 – Tous droits réservés.

Je suis en isolement volontaire depuis dimanche le 15 mars 2020. J’ai la chance de partager cet isolement physiquement avec Gilles, mon amoureux et Penny-Joy mon chien Labrador, ce qui réduit grandement la sensation d’isolement que je peux vivre. Il y a cependant bien des gens qui n’ont pas cette chance.

Vivre l’expérience génère chez moi un sentiment de certitude… tout ce que j’ai connu avant le 15 mars 2020 sera à tout jamais un souvenir révolu et les façons de faire que nous avions mises en place pour un ensemble de systèmes, que ce soit celui du travail, de la santé ou de l’économie, seront revisités et changés pour quelque chose qui nous est encore totalement inconnu. Et une part de moi me dit que c’est la beauté de cette crise mondiale. De par sa virulence, elle nous oblige à mettre sur pause toutes les choses que nous faisons maintenant de manière automatique, sans réfléchir aux raisons qui nous poussent à agir de cette façon, pour se réinventer, se redécouvrir, se réunir…

Cette pause forcée, agencée d’un isolement volontaire nous met en face de nous-mêmes et de ces grandes questions : Qui suis-je sans mon travail ? Sans mes relations d’affaires ? Sans mes sorties hebdomadaires ? Sans la sécurité financière ? Sans la sécurité d’un système qui me prend en charge ? Et surtout, comment fais-je face à toute cette insécurité qui m’entoure et sur laquelle je n’ai absolument aucun contrôle ?

J’ai pour ma part longtemps eu cette crainte de manquer d’argent alors que la Vie m’a toujours démontré que je recevais tout ce dont j’avais besoin et bien plus encore. Et si cette crise de la Covid-19 était exactement ce dont nous avions besoin ? Si elle nous permettait d’arrêter la roue dans laquelle nous sommes pris pour nous offrir cette unique opportunité de se regarder sans jugement, avec tout ce que cela comporte d’inconfort et de peurs ?

Alors, comment pouvons-nous créer des liens bien que nous soyons isolés physiquement les uns des autres?

Hier, pendant les 20 minutes d’une méditation collective orchestrée par Marie-Claude qui est également confinée seule dans son appartement avec Térèse sa minette depuis le 15 mars dernier, j’ai été connectée avec 5 autres êtres humains !! Simplement par la force de notre pensée. J’ai trouvé cette expérience très enrichissante puisqu’elle m’a permis de me sentir liée à ces dernièrs d’une manière encore plus grande et ce, sans contact physique. Cela m’a apporté beaucoup de réconfort et surtout, une grande paix intérieure.

Oui, nous sommes isolés physiquement les uns des autres, mais nous avons la chance d’avoir des outils de connexions virtuelles extraordinaires. J’entends toutes sortes de choses à la radio et celles qui me font le plus de bien sont associées aux gestes de partage et de solidarité. Combien d’entre vous avez eu une conversation à cœur ouvert avec vos jeunes, vos amis, votre chum ou votre blonde, vos parents, générée par la crise de la Covid-19 ? En ces temps de certitudes, j’ose croire que nous nous ouvrirons davantage à nos paysages intérieurs et à ceux des gens qui nous sont chers. J’ose croire que nous ressortirons plus forts mais surtout grandis de cette expérience humanitaire. J’ose croire que nous verrons plus clairement les liens qui nous unissent les uns les autres comme cette toile qui relie toutes les strates de l’économie. Et bien que nous nous refusions souvent à l’admettre, j’ose croire que nous accueillerons le fait que nous avons besoin les uns des autres pour vivre en harmonie, d’abord avec nous-même, pour que cette dernière déborde ensuite sur les gens qui nous entoure.

Je me suis également posé cette question : Comment, au centre de mon isolement, puis-je utiliser mes forces et mes talents pour le plus grand bien de l’humanité ?

En prenant soin de moi, en écoutant les recommandations faites par les spécialistes, en mettant de côté les exigences de ma petite personne pour mettre de l’avant les bienveillances de mon humanité, en acceptant que mon isolement volontaire contribue au plus grand bien de l’humanité même si une part de moi souhaite crier à l’injustice, en restant connectée à tous les autres êtres humains à travers cette bénédiction que la Vie dépose sur mon chemin, en vous partageant mes réflexions, bien personnelles, sur ce que cette crise me fait vivre avec l’espoir que celles-ci vous apporteront un peu de réconfort, un sentiment de ne pas être seul, un sentiment d’être lié à plus que votre seul corps, qu’à votre seul être.

Valérie